J’ai bien récupéré, il fait beau temps mais ce matin en
quittant le bon gîte de Bidarray, je suis un peu inquiète. J’ai changé de
mode : j’ai bien réalisé que nous sommes en montagne, sur le GR10 et plus
sur de simples chemins mais le guide annonce une partie délicate lorsqu’elle
est faite en descente et par temps de pluie. Il fait beau et nous
montons !
Alors en route, et pour monter ça monte. Au début sans trop
de difficulté puis bientôt ce sont de hautes marches où alternent la roche et
une terre rougeâtre qu’on imagine volontiers glissante. Effectivement, je
préfère monter. C’est dur mais ça va, je suis en forme, c’est grandiose.
On arrive à une petite grotte dans la roche, on franchit le passage à l’aide d’une main courante. Plusieurs arêtes, des passages pas évidents et bientôt, dans le ciel, le bal des rapaces. C’est leur coin, c’est leur heure, c’est beau.
On arrive à une petite grotte dans la roche, on franchit le passage à l’aide d’une main courante. Plusieurs arêtes, des passages pas évidents et bientôt, dans le ciel, le bal des rapaces. C’est leur coin, c’est leur heure, c’est beau.
Il parait qu’un peu plus loin on peut voir leurs nids, mais
notre étape est longue et ne nous permet pas le détour. Encore quelques très
hautes marches, je ne regarde pas trop derrière, pas trop en bas, je préfère
monter.
A chaque détour, un nouveau panorama à couper le souffle que
nous avons déjà court du fait de l’effort et de l’altitude. Nous parvenons à un
replat, la montée n’est pas terminée mais la difficulté est derrière nous. Je
voudrais ici m’attarder. Digérer ce bel effort, en prendre toute la mesure,
l’assimiler. Je voudrais me remplir les yeux de cette immensité qui
m’entoure : 360° de pure beauté, de nature intacte, sauvage mais pas
hostile. Nous échangeons avec un jeune couple parvenu là aussi. Comme nous ils apprécient.
Mais il nous faut avancer, le col des veaux est encore loin.
Nous dévalons maintenant le chemin au travers des étendues verdoyantes. Quel plaisir de se trouver là ! Comment fixer les paysages dans sa mémoire ? Cette sensation de bien-être dans mon corps ? Respirer cet air et en faire tout un stock pour l’hiver à venir.
Nous dévalons maintenant le chemin au travers des étendues verdoyantes. Quel plaisir de se trouver là ! Comment fixer les paysages dans sa mémoire ? Cette sensation de bien-être dans mon corps ? Respirer cet air et en faire tout un stock pour l’hiver à venir.
Nous passons en Espagne puis revenons en France, nous nous
perdons, sans doute trop occupés et distraits par les troupeaux de pottoks que
nous traversons.
Nous pique-niquons au col des veaux et nous repartons,
laissant de côté la ferme Esteben d’où les randonneurs repartent un peu égarés
du fait du repas copieusement arrosé.
Nous ne sommes pas passés devant la ferme mais nous nous
écartons du chemin. Une variante nous conduit sur une crête magnifique où
paissent négligemment pottoks et moutons mais qui nous gratifie d’une vue
superbe sur la chaîne des Pyrénées d’un côté et sur la côte Atlantique de
l’autre. De là, on devine le sable blond des côtes landaises et on reconnait
Biarritz et St-Jean de Luz.
Nous continuons notre route qui n’en finit pas. Nous
traversons une forêt de fougères. Nous parvenons à une petite chapelle qui nous
rappelle de très bons souvenirs. A l’époque où les petites jambes de nos ainés
nous permettaient de venir jusque-là et où ils ont découvert les rudiments de
la randonnée.
Ce soir, nous dormons dans le gîte du camping. Il y a de
quoi se rafraichir, cuisiner, se reposer, écrire, c’est super.
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