Il nous faut partir au plus tôt (8h) et faire une bonne
partie de notre étape dans la matinée (15-16kms), la météo prévoit une journée
chaude.
Je suis le chemin… A défaut de l’être, je vais tenter de le
suivre malgré ma légendaire réputation qui consiste à me perdre partout et tout
le temps. Normalement, avec Gautier et Annaël devant et Constance et JP
derrière, ça devrait aller.
Je suis donc le chemin et je me dis qu’en fait, on est
sûrement tous le chemin de quelqu’un d’autre et, de même, on a besoin que
quelqu’un avant nous, avec nous, soit notre « chemin ».
Je me souviens que Vincent disait que, quand on s’écarte un
peu de la trépidence de nos vies, « au début, il y a un bruit, mais un
bruit dans la tête… ». Moi là, je sens qu’il y a un fouillis, mais un
fouillis dans ma tête. Bon, comment mettre de l’ordre dans tout cela ?
C’est simple, cela se fait tout seul, au fil des pas.
Quelques champs de maïs, quelques champs de tournesols et le
dossier du travail est rangé dans une boîte bien fermée.
Un vallon, quelques carrés de verdure parsemés de vaches ou
de bottes de foin et le dossier maison est trié, mis en attente.
Le Béarn est magnifique, très vallonné. Le chemin s’y
attarde, y dessine ses contours, nous permettant de retrouver les nôtres.
Chemin faisant, nous parvenons à notre première halte à
l’abbaye de Sauvelade. C’est drôle, ces petits échassiers blancs (sortes
d’aigrettes) qui accompagnent les troupeaux de vaches béarnaises.
Encore une grosse montée, puis une belle descente, nos
articulations sont mises à rude épreuve. Nous étions un peu rouillés. Voilà
c’est fait, j’ai ma première ampoule. Le dossier « prendre soin de
soi » est ouvert et identifié.
Comme toujours, la pause déjeuner est déraisonnable, il nous
faut poursuivre le chemin. Pas de café après le pique-nique, le dossier des
habitudes est fermé.
Sur le chemin peu de réseau, pas d’informations, le dossier
anxiogène des attentats et autres menaces est fermé.
Ah mais voilà, quand les dossiers sont bien rangés, ça fait
de la place, beaucoup de place, pour penser aux enfants qui découvrent d’autres
beaux coins de la planète.
C’est étonnant le plaisir qu’il y a à être allongé dans
l’herbe, à l’ombre, à regarder le soleil à travers les feuilles.
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