jeudi 10 mai 2018

Pobena – Castro Urdiales

Pobena – Castro Urdiales - 15 Kms


Cette 5ième étape sera une journée marquée par les paysages marins.





Nous quittons Pobena par un sentier qui surplombe la plage et ses surfeurs, et nous longeons cette côte magnifique pendant plusieurs kms. En contrebas, l'eau est verte, transparente ou plus noire au gré des roches qui en constituent le fond.
Dans les champs alentours, l'herbe est abondante, le voile nuageux se déchire.

 











Nous avançons d'un bon pas, les petites douleurs du début de semaine se sont estompées et le sac s'est plutôt bien adapté à notre dos.
Comme la beauté du paysage me fait du bien !
Comme la majesté de cette nature sauvage m'impressionne !
Comme la marche me donne de l'énergie !
Mais qui sont-ils tous ces gens qui marchent sur le chemin ? "Buen Camino !' nous disent les Espagnols, en pleine ville ou sur un sentier désert.
"Buen Camino !" se disent entre eux les pèlerins. Mais qui sont-ils ?
Ils viennent de partout : d'Asie, du Canada, de la République Tchèque, d'Allemagne, du Danemark…
Ils ont des ampoules aux pieds et mal au dos, mais le sourire aux lèvres.
Chacun son allure, chacun sa motivation. Seul, avec un ami, en famille ou en groupe, ils sont heureux, nous sommes heureux sur le chemin.
Un peu ensemble, mais chacun comme il le souhaite, nous prenons le chemin. Il me fait découvrir tellement de choses ce chemin, à commencer par mieux me connaitre moi-même. Il m'apprend à regarder la beauté du monde dans l'infiniment grand comme dans l'infiniment simple. Il m'apprend qu'il y a des, jours avec et des jours sans.
Ma mémoire est trop petite, elle ne peut pas contenir tout ce que j'ai ressenti cette semaine. Je ne veux pas oublier, j'ai peur d'oublier.
Cette année, je me souviendrai particulièrement de l'ambiance sur la petite place de Larrabetzu et de tous ces enfants qui prenaient tellement de plaisir. Je garderai en mémoire le sourire de Christopher le Mexicain. Je n'oublierai pas la pureté de l'air en traversant les forêts d'eucalyptus. 

Je reverrai cet oranger chargé de fruits.
Chemin faisant, nous arrivons au terme de notre étape, Castro Urdiales.
Magnifique étape qui va de la mer à la mer en passant par de superbes petits villages nichés dans leur écrin de verdure.
Je n'oublierai pas le plaisir de retirer les chaussures de marche et de mettre les pieds échauffés par 24 kms de marche dans l'eau fraiche de l'océan sur la plage de Castro Urdiales.

Castro Urdiales, tu vas en voir passer des pèlerins, tu nous oublieras. Nous ne t'oublierons pas, c'est là que dans un an nous reprendrons le chemin !

mercredi 9 mai 2018

Bilbao – Pobena

Bilbao – Pobena - 32 Kms


C'est sans aucun regret que nous quittons notre gite. Nous prenons la route de bon matin et traversons des quartiers industriels qui nous font prendre la mesure de cette immense cité basque.

Nous retrouvons bientôt l'embouchure du Nervion qui se jette dans la mer sous le pont transbordeur. 

L'endroit est délicieux. Le temps du pique-nique, nous nous attardons à Portugalete.
Nous nous remettons en chemin et quittons le milieu urbain par une immense passerelle qui se prolonge par une piste cyclable.


Celle-ci nous conduira jusqu'à la mer. C'est toujours émouvant de terminer une grande journée de marche à l'océan. On l'espère, on le sent, on le découvre enfin…

Nous venons de faire notre plus longue étape de 29 kms. Heureusement, avec peu de dénivelé.
Cette 4ième étape aura été urbaine, maritime et champêtre. Le Pays Basque n'en finit pas de nous charmer.
Petite déconvenue en parvenant à la mer, l'albergue est située un peu plus loin ? Encore un petit km, ce n'est pas bien long… mais il est des kms qui comptent plus que d'autres.
Enfin, nous arrivons ! Nouvelle déconvenue, il n'y a plus de places, la prochaine albergue est à 13kms…
L'hospitalier a pitié de nous. Il trouve une petite place pour Constance et nous sort un matelas. Nous dormirons dans le couloir, pas trop bien, mais nous restons à Pobena, c'est l'essentiel.

mardi 8 mai 2018

Larrabetzu - Bilbao

Larrabetzu - Bilbao - 15 Kms


Il n'est pas possible de prendre le petit-déjeuner à l'auberge, nous partons donc légers !
Arrivés à Lezama, nous apprécions le copieux petit-déjeuner qui nous permet de poursuivre notre chemin sans trop nous rendre compte qu'en fait de chemin nous sommes plutôt sur le bord de la route qui relie la grande ville à sa banlieue.

Aujourd'hui sera une journée moins bucolique, un peu comme pour nous dire que le chemin, c'est comme la vie : il y a des hauts et des bas, des moments agréables et d'autres moins, des choses belles à voir et à vivre et d'autres moins.
Marcher et seulement marcher, mais aujourd'hui c'est pour avancer et puisque le paysage n'a vraiment rien d'original, j'en profite pour mettre un peu d'ordre dans mes pensées, pour réfléchir, pour apprécier…

Apprécier la gentillesse des Espagnols toujours prêts à nous donner le renseignement qui nous manque.
Apprécier de réussir à marcher plus de 20 kms par jour.
Apprécier de prendre la distance utile pour relativiser le quotidien.
Apprécier de voir que, pas après pas, les éoliennes si petites au loin sur notre gauche sont devenues progressivement plus grandes et maintenant derrière nous.
Apprécier la compagnie tantôt silencieuse, tantôt encourageante de mes compagnons de marche.
Apprécier…
3ème jour de marche, le temps est plus gris et le corps a un peu de mal à redémarrer après les pauses.
Malgré tout, nous ne résistons pas à l'envie de faire 2 ou 3 parties de cartes en haut du Monte-Avril.
Normalement, de là, nous devrions voir la ville de Bilbao mais nous sommes dans le nuage.
Le Monte-Avril descend tranquillement par un agréable espace de verdure vers l'immense métropole.
Nous nous retrouvons d'un coup au milieu de la ville grouillante de circulation et de monde.
Ralentis par nos 3 jours de marche en pleine nature, lestés par notre sac, nous ne sommes pas au bon rythme.
Le temps d'un pique-nique nous observons et admirons les belles façades des immeubles, découvrons le quartier de Begona.

 Nous parvenons rapidement (nous avons repris le rythme) à la cathédrale Santiago que nous visitons. Elle est vaste sans être trop grande. Lumineuse, elle témoigne d'une histoire mouvementée autour de la ville portuaire qui accueillait de nombreux pèlerins pour Compostelle.
Nous allons poser nos sacs à l'auberge. Nous sommes accueillis par Maria Dolorès qui n'a d'hospitalière que le nom. C'est donc avec empressement que nous repartons légers vers le cœur de Bilbao pour en découvrir cette fois le visage moderne et rajeuni par le Guggenheim. 

C'est avec grand plaisir que nous flânons entre le fleuve, les alentours du musée tout à fait insolites et les quartiers avoisinants.
Cette 3ième journée aura été une journée urbaine.