Il n'est pas possible de prendre le petit-déjeuner à
l'auberge, nous partons donc légers !
Arrivés à Lezama, nous apprécions le copieux petit-déjeuner
qui nous permet de poursuivre notre chemin sans trop nous rendre compte qu'en
fait de chemin nous sommes plutôt sur le bord de la route qui relie la grande
ville à sa banlieue.
Aujourd'hui sera une journée moins bucolique, un peu comme
pour nous dire que le chemin, c'est comme la vie : il y a des hauts et des bas,
des moments agréables et d'autres moins, des choses belles à voir et à vivre et
d'autres moins.
Marcher et seulement marcher, mais aujourd'hui c'est pour
avancer et puisque le paysage n'a vraiment rien d'original, j'en profite pour
mettre un peu d'ordre dans mes pensées, pour réfléchir, pour apprécier…
Apprécier la gentillesse des Espagnols toujours prêts à nous
donner le renseignement qui nous manque.
Apprécier de réussir à marcher plus de 20 kms par jour.
Apprécier de prendre la distance utile pour relativiser le
quotidien.
Apprécier de voir que, pas après pas, les éoliennes si
petites au loin sur notre gauche sont devenues progressivement plus grandes et
maintenant derrière nous.
Apprécier la compagnie tantôt silencieuse, tantôt encourageante
de mes compagnons de marche.
Apprécier…
3ème jour de marche, le temps est plus gris et le
corps a un peu de mal à redémarrer après les pauses.
Malgré tout, nous ne résistons pas à l'envie de faire 2 ou 3
parties de cartes en haut du Monte-Avril.
Normalement, de là, nous devrions voir la ville de Bilbao
mais nous sommes dans le nuage.
Le Monte-Avril descend tranquillement par un agréable espace
de verdure vers l'immense métropole.
Nous nous retrouvons d'un coup au milieu de la ville
grouillante de circulation et de monde.
Ralentis par nos 3 jours de marche en pleine nature, lestés
par notre sac, nous ne sommes pas au bon rythme.
Le temps d'un pique-nique nous observons et admirons les
belles façades des immeubles, découvrons le quartier de Begona.
Nous parvenons
rapidement (nous avons repris le rythme) à la cathédrale Santiago que nous
visitons. Elle est vaste sans être trop grande. Lumineuse, elle témoigne d'une
histoire mouvementée autour de la ville portuaire qui accueillait de nombreux
pèlerins pour Compostelle.
Nous allons poser nos sacs à l'auberge. Nous sommes
accueillis par Maria Dolorès qui n'a d'hospitalière que le nom. C'est donc avec
empressement que nous repartons légers vers le cœur de Bilbao pour en découvrir
cette fois le visage moderne et rajeuni par le Guggenheim.
C'est avec grand plaisir que nous flânons entre le fleuve,
les alentours du musée tout à fait insolites et les quartiers avoisinants.
Cette 3ième journée aura été une journée urbaine.


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