Ce matin, nous sommes réveillés par un doux chant religieux
("pas d'alarme" avait demandé l'hospitalier hier soir).
Nous quittons Irun dans la fraîcheur matinale mais dans une
belle luminosité. Nous parvenons rapidement à Notre-Dame de Guadalupe. Nous
sommes venus là il y a 15 ans, nous étions en vacances à Hendaye.
La petite église est fort accueillante et bien entretenue. Sur sa petite place, juste derrière, une petite fête se prépare, la musique en témoigne.
La petite église est fort accueillante et bien entretenue. Sur sa petite place, juste derrière, une petite fête se prépare, la musique en témoigne.
Nous ne nous attardons pas. Notre objectif pour ce matin se
matérialise par les antennes rouges et blanches au sommet du Jaizkibel. 2
options : le flan ou la crête, mais avec Constance et Jean-Jacques comme compagnons de marche, pas le
choix, en route pour la crête.
Je me demande toujours comment sont reliés les muscles de
mes jambes et mon cerveau mais c'est stupéfiant de constater comment à chaque
pas s'éloignent les petits soucis du quotidien, se démêlent les nœuds et
arrivent les idées positives. Cette région, c'est vrai, déborde de vitalité. De
belles vaches dans les prés en bas, un troupeau de moutons au long poil dans un
champ de pommiers en fleurs, quelques ruches un peu plus haut et nous terminons
l'ascension escortés par le bal des faucons.
J'ai perdu la notion du temps, tous mes sens sont sollicités
par tout ce qui m'entoure. Tiens, le coucou espagnol chante comme le coucou
français. Il me rappelle que nous sommes en avril et que, de fait, la nature
explose de toutes parts. Les verts tendres des feuilles des arbres et les tapis
d'herbe fleurie nous remettent dans l'ambiance de nos débuts sur le chemin.
La météo est parfaite. Nous marchons plein ouest et je ne
parviens pas à donner ma préférence soit à droite pour le mélange du vert de la
campagne et du bleu de l'océan, soit à gauche pour le mélange du bleu du ciel
et du vert des montagnes.
Et tout en marchant sur cette crête du fameux Jaizkibel,
l'air qui nous rafraîchit ici a une douceur particulière. Il a la fraicheur des
montagnes et de l'altitude mais il a aussi la saveur iodée de l'océan, et comme
tout ce qui se mélange se bonifie, il est particulièrement agréable.
On trouve ici partout une alchimie qui m'enchante. La montée
est assez rude mais adoucie par la découverte des paysages. La descente n'est
pas simple, l'arrivée à Pasaia est égayée par la perspective de prendre le
petit bateau qui nous transporte sur l'autre rive.
San Sébastien semble à deux pas. Illusion d'optique et désenchantement du randonneur rendu trop confiant par ses premiers pas sur le chemin.
San Sébastien semble à deux pas. Illusion d'optique et désenchantement du randonneur rendu trop confiant par ses premiers pas sur le chemin.
L'euphorie matinale cède bientôt le pas à la fatigue. Les
200 marches qu'il nous faut gravir pour remonter ne sont pas qu'une formalité.
Heureusement, le superbe chemin en balcon qui suit est du pur bonheur pour les
yeux. San Sebastian qu'on croyait à porter de pied n'en finit pas d'être là. Il
nous faut monter une piste forestière, suivre un bout de route, descendre à
travers la forêt, marcher des heures avant de nous émerveiller de la magnifique
baie de San Sebastian.
Par chance, le gîte est à l'autre bout de la ville. Encore quelques centaines de mètres avant de se poser enfin au refuge "La Sirena". Ouf ! Rude et belle journée ensoleillée.
Par chance, le gîte est à l'autre bout de la ville. Encore quelques centaines de mètres avant de se poser enfin au refuge "La Sirena". Ouf ! Rude et belle journée ensoleillée.
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