samedi 3 mai 2014

Moissac - Auvilar

Moissac - Auvilar - 21kms



Le départ de Moissac se fait du parvis de l’Abbatiale, ce qui nous permet d’admirer le tympan et la place qui lui fait face.
Mais le Chemin nous attend. Pas le temps de s’attarder, même pas sur le marché aux fraises des Recollets ce matin-là.
Nous longeons le Tarn.
 Nous avons le choix pour continuer entre suivre la voie verte le long du canal latéral de la Garonne ou monter sur les hauteurs, ce qui est un peu plus long, un peu plus gadouilleux, beaucoup plus escarpé mais tellement plus joli. De là-haut, au Boudou, nous avons une vue magnifique sur le confluent du Tarn et de la Garonne.

Nous traversons encore de magnifiques vergers et des prés tous plus verts les uns que les autres.
Aujourd’hui, je loue le plus grand artiste de tous les temps qui sait si bien nous enchanter ; qui met avec tant de talent des touches de jaune, parmi les étendues vertes ; quelques digitales pour agrémenter le talus ; des buissons d’aubépines en fleurs ; rien ne jure, tout s’harmonise en forme et en couleur. Et voilà que l’odorat est sollicité avec ce massif de seringa en fleurs. Mais, en ce mois de mai, tant d’autres plantes inconnues habillent les talus et les champs. Le Chemin est un véritable livre de botanique.

D’où je viens et où je vais ?
Pour pouvoir répondre à la 2ième question ou du moins choisir son cap, il faut trouver la réponse à la première. Savoir d’où l’on vient,  le Chemin nous y aide et réveille des souvenirs d’antan enfouis mais si agréables à retrouver : l’odeur de la terre fraîchement retournée, la senteur de l’herbe en train de sécher, une barrière faite de piquets et de fils barbelés…

Malauze ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Nous avions prévu de nous restaurer là. Mais notre étape de ce jour n’étant pas très longue, nous avons pris notre temps. Lorsque nous arrivons, la boulangerie et l’épicerie sont fermées. Nous trouvons dans les sacs quelques restes ; ça ira à condition de trouver quelques victuailles dans le prochain village. L’église est elle aussi fermée, décidément…A la sortie de  Malauze, les travaux sur un pont nous empêchent de traverser la voir ferrée et nous font faire un bon petit détour. Nous retrouvons bientôt le bord du canal latéral à la Garonne que nous longeons sur une bonne distance jusqu’à Pommevic.
Cela nous rappelle vraiment le canal de Nantes à Brest. Nous retrouvons là quelques têtes connues : la dame qui avait perdu son bob  un peu avant Lauzerte, ce jeune retraité qui vient d’acheter une maison près de Cahors et qui, voyant passer des pèlerins, s’est vite laissé gagner par l’appel du Chemin.
A Pommevic, la dame de l’épicerie-café-boulangerie n’a pratiquement rien à vendre, mais nous prête la clé de l’église du XIème siècle pour que nous puissions la visiter. A défaut de nous remplir l’estomac, nous en prenons plein les yeux.
Nous poursuivons notre route ; direction Auvillar. Avant de parvenir en haut de ce beau petit village, nous retrouvons des têtes connues : les deux savoyards qui font le Chemin sur leurs chevaux accompagnés d’une autre monture qui porte les bagages.
Nous faisons le reste du périple de cette journée avec eux.
La halle circulaire d’Auvillar est superbement entretenue et contribue à faire de ce village un lieu de caractère.

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